À qui appartiennent les données de vos assistants vocaux ?

Un autre paramètre pourrait bien mettre à plat la confiance des consommateurs c’est la question de l’utilisation des données personnelles. Certes, nos recherches sur Internet n’ont jamais rien de confidentiel. Mais la mise en réseau et la commande vocale de tous nos appareils ménagers vont permettre de récolter encore davantage de données sur nos modes de vie. «Cela n’est pas lié aux assistants vocaux en particulier. Que le contrôle se fasse par la voix, par écran ou par télécommande n’est pas la question. C’est la maison connectée en tant que telle qui est un puits de données. Reflet de notre vécu, ces données pourraient être utilisées à des fins d’enquête. Google et Amazon pourraient par ailleurs les utiliser de manière à nous profiler encore davantage. »La question est donc de savoir à qui appartiennent toutes ces données.

Prenons un exemple concret. Vous rentrez chez vous, vous allumez la télévision par la voix et vous zappez de la même manière. Qui est propriétaire des traces que vous laissez? Le fabricant de votre télévision? Google, avec qui ce dernier a noué un partenariat?

Les chaînes de télé seraient sans aucun doute très intéressées par les données concernant le temps passé sur tel ou tel programme… «C’est le fabricant qui recueillera les données les plus poussées. Dans le cas d’une machine à laver, par exemple, il pourra connaître la proportion de programmes longs et de programmes courts et ainsi adapter ses machines. En fonction des demandes des clients, il pourra en outre ajouter telle ou telle fonctionnalité. Google, quant à lui, ne s’intéressera qu’aux phrases prononcées par les consommateurs. 

Des usages de niche

Si les limites techniques et la question de la liberté de choix pourraient bien être résolues à l’avenir, il se pourrait bien que la voix ne perce pas… parce que c’est la voix. Ce moyen d’interaction est a priori plus simple et plus naturel d’un point de vue théorique, mais il est quasiment certain que nous aurons toujours besoin d’un visuel pour toute une série de tâches. «Il restera plus simple d’ouvrir une application mobile pour comparer d’un coup d’œil les horaires de train et acheter son billet».  S’il est persuadé que la voix parviendra à se frayer un chemin dans les usages des consommateurs, ont est certain qu’elle ne remplacera jamais ni l’écran, ni la souris. «Elle sera dédiée à des usages de niche. Ouvrir toutes les lumières d’un coup, demander les prochaines étapes d’une recette quand je suis en train de cuisiner, demander mon chemin quand je suis en train de courir, etc. Mais la voix ne sera pas la grande révolution que l’on dit.

Il suffit d’observer les jeunes et l’usage qu’ils font de l’écrit pour s’envoyer des messages. « La voix, c’est fini. Elle est réservée à la transmission des émotions. Mais pour l’outil, c’est beaucoup trop lent et compliqué, limite moyenâgeux. »Se pose ensuite un gros problème de confidentialité. «Les gens se plaignent déjà quand plusieurs personnes téléphonent l’une à côté de l’autre. Imaginez ce que cela donnerait si tout se faisait par la voix. Il n’y aurait aucune vie privée. Vous vous imaginez demandez à Alexa de vous lire votre agenda alors que vous avez rendezvous avec votre amant?» On peut dès lors soulever enfin la question de l’archivage. La voix rend en effet impossible l’archivage de nos recherches pour pouvoir les retrouver ensuite. «Les paroles s’envolent, les écrits restent…»Pour percer durablement, les assistants vocaux devront donc créer de nouveaux usages et apporter une alternative plus simple à ce qui existe aujourd’hui. Dans le cas contraire, ils pourraient bien ne jamais trouver leur voie.

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